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Devrait-on s’inquiéter quand la consommation devient la solution?

Arrière-plan

21 août 2026 Dépendances

Parents

Par Jessica Blouin

Intervenante psychosociale

Les jeunes consomment pour plusieurs raisons. Alors que certains consomment par curiosité, par plaisir ou pour s’intégrer à un groupe, d’autres peuvent y avoir recours pour tenter d’apaiser un malaise, une émotion difficile ou une surcharge mentale. Dans ce contexte, on parle parfois d’automédication, soit le fait d’utiliser une substance psychoactive afin de combler un besoin sans prescription d‘un professionnel de santé.  

Bien que la consommation puisse sembler être une solution à court terme pour soulager une difficulté, elle peut aussi entraîner certains risques.

Pourquoi certains jeunes ont recourt à l’automédication? 

Les raisons qui poussent un jeune à consommer sont multiples. Dans certaines situations, la consommation devient une façon de gérer certaines difficultés ou de répondre à un besoin qui n’est pas comblé autrement.  

Parmi ces raisons, on retrouve :  

  • Diminuer l'anxiété liée à la pression scolaire ou à la performance 
  • Gérer des émotions négatives liées aux relations sociales complexes, aux réseaux sociaux ou à l'image corporelle 
  • Améliorer le sommeil 
  • Augmenter la concentration 
  • Avoir plus d'énergie 
  • Pour le plaisir 

Chez les adolescents et les jeunes adultes, l’alcool et le cannabis sont les substances les plus consommées, mais d’autres substances peuvent également être utilisées. 

Les risques de l’automédication 

Lorsqu’un jeune utilise une substance pour gérer ses émotions ou ses difficultés, il peut développer l’impression que celle-ci est nécessaire pour fonctionner ou aller mieux. Avec le temps, cela peut augmenter le risque de développer une relation problématique avec la consommation, telle qu’une dépendance. 

La consommation à l’adolescence peut également avoir des impacts sur le développement du cerveau et entraîner certaines conséquences à long terme. Toutefois, plusieurs de ces effets peuvent s’améliorer lorsque la consommation est réduite ou arrêtée. 

Au-delà du risque de dépendance, l’automédication comporte d’autres dangers, notamment : 

  • La contamination possible de la substance consommée 
  • Un dosage incertain 
  • Un manque d’information sur les effets ou les risques 
  • Le fait de cacher sa consommation par peur du jugement ou de la honte 

Accompagner plutôt qu’interdire 

C’est pourquoi il est important d’aborder la consommation avec une approche qui vise à réduire les risques plutôt qu’à simplement interdire ou punir. L’objectif n’est pas seulement d’empêcher la consommation, mais aussi d’aider les jeunes à mieux comprendre les effets et les risques associés afin qu’ils puissent faire des choix plus éclairés et sécuritaires. 

Pour accompagner un jeune, il est essentiel de rester ouvert, à l’écoute et sans jugement. Si une consommation devient préoccupante, différentes ressources peuvent également offrir du soutien adapté aux besoins du jeune et à son rythme. 

Alternatives pour apaiser le stress 

Prévenir la consommation chez les jeunes ne signifie pas seulement interdire ou contrôler les comportements. 

Il est également possible d’aider les jeunes à développer d’autres stratégies pour gérer leur stress, leurs émotions et les défis au quotidien. 

Voici quelques pistes à encourager : 

  • Favoriser un sommeil suffisant et une bonne hygiène de vie 
  • Créer des moments sans pression où le jeune peut simplement être lui-même 
  • Valoriser les efforts plutôt que seulement les résultats ou la performance 
  • Normaliser le fait de vivre des périodes plus difficiles et encourager la demande d’aide au besoin 
  • Proposer des activités qui permettent de se détendre ou de prendre soin de soi, sans les imposer 
  • Plusieurs autres pistes sont proposées sur l’application Beluga!

Pour certains jeunes, un accompagnement professionnel peut également être bénéfique, notamment lorsqu’ils vivent de l’anxiété, des symptômes dépressifs, des difficultés d’attention ou d’autres défis qui affectent leur quotidien. 

Comment aider un jeune? 

Le meilleur point de départ est souvent d’être présent et ouvert d’esprit! Établir une relation de confiance permet au jeune de se sentir suffisamment en sécurité pour parler de ses difficultés. 

Pour favoriser des échanges positifs, il peut être aidant d’:  

  • Écouter sans interrompre 
  • Éviter les réactions de panique ou les discours moralisateurs 
  • Accueillir les émotions du jeune, même lorsqu’elles sont difficiles à comprendre 
  • Utiliser des questions ouvertes pour encourager la discussion, telles que « Qu’est-ce qui t’aide lorsque ça ne va pas? » ou « Qu’est-ce que cette consommation t’apporte en ce moment? »  

L’automédication chez les jeunes est souvent une tentative de répondre à un besoin ou d’apaiser une difficulté avec les moyens qu’ils connaissent. Derrière la consommation, il peut se cacher de l’anxiété, du stress, un sentiment d’isolement ou d’autres défis personnels.  

Si vous ne vous sentez pas suffisamment outillés pour accompagner votre jeune, n’hésitez pas à demander de l’aide auprès de ressources spécialisées, comme : 


Références

Association des intervenants en dépendance du Québec, L'automédication
Institut national de santé publique du Québec, Les effets du cannabis sur la santé physique, mentale et cognitive et à court et à long terme